Première escale du voyage au cœur de la démarche Living Lab

Journal de bord du voyage apprenant - Session 1 : Penser la gouvernance et l’évaluation réflexives de la démarche Living Lab.

Découvertes et apprentissages de notre 1ère escale !

Début mars, nous avons embarqué à bord de la 3ème promotion de la formation « Créer, piloter et animer un Living Lab ». Notre équipage est composé de 9 personnes issues d’organisations (collectivités territoriales, associations, Living Lab …)  et de secteurs d’activité variés (tourisme, logement, agriculture, vieillissement …).  Notre voyage apprenant se compose de 5 escales de 2 jours. Chaque escale est l’occasion de s’enrichir tant sur le plan relationnel via des rencontres au sein de l’équipage ou avec des témoins, que sur les plans théorique et pratique, chacun·e travaillant son projet au cours de chaque escale.

 

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Le choix des thèmes de cette 1ère escale « Gouvernance et évaluation réflexives » est loin d’être anodin. Ces notions sont pour nous des fondamentaux de la démarche Living Lab et des piliers d’une démarche apprenante, une finalité 1ère de la démarche Living Lab ! Comment ont-ils été proposé aux voyageur·ses ? 

 

L’expérimentation d’un outil « maison » élaboré par les Ateliers Humanicité

Nous nommons cet outil de deux manières, qui sont complémentaires :

 

« Le trépied de la visée » : La démarche Living Lab repose sur 3 piliers fondamentaux : la gouvernance, la participation et la co-élaboration ; nous sommes convaincus que l’absence de l’un de ses piliers met à mal la démarche Living Lab et ne permet pas de partager une visée commune.

 

« Le triptyque du Living Lab » : Chacun des 3 tableaux (gouvernance ; participation ; co-élaboration) pris isolément raconte une histoire. Observés simultanément, ils racontent une 4ème histoire dans laquelle tout le sens de la démarche Living Lab se révèle car se dévoile une histoire composée de connaissances partagées (C), d’une dynamique sociale (S), et d’une Action collective (A) (ce que Patrick Dubé nomme dans le Livre Blanc des Living Lab : le triangle CSA).

 

Cet outil a permis aux voyageurs·ses de s’immerger dans la démarche Living Lab, en l’expérimentant à partir d’un exemple concret : leur projet.

 

Lors de cette 1ère escale, les participant-es ont pu également expérimenter deux outils d’animation :

  • Un outil visant à partager les attentes de chacun·e : « les 5 doigts de la main ».
  • Et un outil visant à mettre au jour et partager les perceptions, connaissances et questionnements de chacun·e : la carte mentale.

 

Des apports théoriques sur :

La gouvernance, qui est aujourd’hui un terme couramment utilisé sans que l’on sache toujours ce qu’il recouvre. Lors de cette escale, Alain Loute (Enseignant – Chercheur au Centre d’éthique médicale de l’Université Catholique de Lille) a permis aux  voyageurs·ses, à partir de l’histoire de la notion de gouvernance, de mieux appréhender les logiques qui ont prévalu à son émergence et donc ce qui la caractérise : la gouvernance est multi-acteur, multi-échelle et présente une diversité des modes de régulation. Les réflexions sur ces caractéristiques et notamment sur les divers modes de régulation (Hétérorégulation – Autorégulation – Corégulation) ont été l’occasion pour les voyageurs·ses de prendre davantage conscience de la diversité des formes de gouvernance, des différents moyens par lesquels des acteurs peuvent gérer leur affaires communes et des dynamiques pouvant participer à la structuration de la gouvernance (Emergentisme – Volontarisme).

 

L’éthique comme démarche réflexive sur les pratiques et de régulation de ces mêmes pratiques : cette escale a aussi été pour les voyageurs·ses l’occasion d’une petite leçon d’éthique. L’éthique est un terme que l’on entrevoit le plus souvent (et même trop souvent) sous son « seul » angle d’institution de règles. Grégory Aiguier  (Enseignant – Chercheur au Centre d’éthique médicale de l’Université Catholique de Lille) est intervenu pour nous préciser que si l’éthique repose sur des règles que l’on se donne, elle ne se limite toutefois pas à cet aspect. Les contextes évoluent, en ce sens, les règles peuvent (doivent ?) être amenées à évoluer. Forte de ce constat, l’éthique se caractérise comme une démarche réflexive ; la réflexivité renvoyant à notre capacité de prendre notre propre pratique comme objet de réflexion. C’est autrement dit, et pour illustrer la démarche, la capacité que l’on a « de marcher et de se regarder marcher » (D. Schön).

 

L’évaluation : dans la continuité de la découverte de l’éthique et de la démarche réflexive qu’elle appelle, Grégory Aiguier nous a démontré en quoi l’évaluation favorise une pratique plus réflexive. Si évaluer, c’est porter un jugement sur la valeur de quelque chose, c’est apprécier/estimer l’écart entre un attendu et une production, c’est contrôler/mesurer la conformité par rapport à une norme, évaluer c’est aussi l’opportunité de repenser les moyens de son action, ses finalités et ses fondements.  L’évaluation en tant que démarche réflexive favorise donc l’apprentissage et in fine l’émergence d’un environnement capacitant et d‘organisations capacitantes, qui sont des conditions de concrétisation du « triangle CSA » (cf.supra) : un environnement capacitant est « un environnement qui permet aux personnes de développer de nouvelles compétences et connaissances, d’élargir leurs possibilités d’action, leur degré de contrôle sur leur tâche et sur la manière dont ils la réalisent, c’est-à-dire leur autonomie. » (Falzon, 2007, p. 13).

Des rencontres inspirantes

Entre temps formels et informels, cette 1ère escale a permis à l’équipage de faire connaissance. L’équipage a également au cours de cette escale, fait la rencontre d’Olivier Irrmann, directeur de recherche sur les ADICODE (Ateliers d’Innovation et de Co-design) au sein d’Yncréa, écoles d’ingénieurs de l’Université Catholique de Lille.

 

DSC_0138 DSC_0138  Au cours de ses nombreux voyages en Amérique du Nord ou encore en Europe et particulièrement en Scandinavie, Olivier Irrmann a pu observer de près l’émergence des Living Lab. Sa présentation des travaux scientifiques de Mitchell du MIT (campus intelligent), de Von Hippel (l’usager leader), Chesborough (innovation ouverte) ou Huxham (les players) nous a permis de comprendre comment ces réflexions ont convergé et participé à l’émergence de démarches de Living Lab. Olivier Irrmann nous a également rappelé comment (ou combien ?) la présidence finlandaise de l’Union européenne en 2006 et la création de l’association européenne ENoLL (Association européenne des living Lab) ont été des accélérateurs du développement des projets de Living Lab en Europe.  

Une mise en pratique des apports théoriques 

Chacun·e des voyageurs·ses a été invité à (re)mettre en perspective à partir des apports théoriques, les 1ère réflexions menées sur leur projet par le biais du « Trépied de la visée – Triptyque ». Il est fort à penser que le voyage les amènera à repenser encore - à affiner - leur « Trépied de la visée – Triptyque ».

 

Nous espérons que ce 1er récit vous a donné envie de découvrir la suite de notre voyage !

Notre prochaine escale : la co-élaboration et la créativité ! Rendez-vous autour du 15 avril.